Voleur de feu, Vos voix sur mon chemin, D. Boudou, V. Vandernotte

Voleur de feu, Vos voix sur mon chemin, D. Boudou, V. Vandernotte

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Le neuvième opus donne les voix de l’enfance à deux artistes bordelais, Dominique Boudou et Virginie Vandernotte. Ils nous livrent, dans un Voleur de feu In Quarto un cheminement des premières années de vie qui s’écoulent jusqu’à l’âge mûr où les réminiscences ne cessent d’habiter nos jours.

Virginie Vandernotte gratte, colle, aligne les traits sur des matières aux couleurs vives et accidentées, provoquant, ici et là des dessins aux lignes simples remémorant les craies de couleurs de la cour de l’école et sur les murs des chemins buissonniers.

Dominique Boudou signe un texte poétique où les questions se succèdent au rythme incessant des souvenirs que sa mémoire convoque. Ici et là des images, réminiscences, de rêves et de pensées qui sont certainement de plus en plus présente alors que le chemin ne cesse de s’étaler sous nos pas.

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Description

Le neuvième opus donne les voix de l’enfance à deux artistes bordelais, Dominique Boudou et Virginie Vandernotte. Ils nous livrent, dans un Voleur de feu In Quarto un cheminement des premières années de vie qui s’écoulent jusqu’à l’âge mûr où les réminiscences ne cessent d’habiter nos jours.

Virginie Vandernotte gratte, colle, aligne les traits sur des matières aux couleurs vives et accidentées, provoquant, ici et là des dessins aux lignes simples remémorant les craies de couleurs de la cour de l’école et sur les murs des chemins buissonniers.

Dominique Boudou signe un texte poétique où les questions se succèdent au rythme incessant des souvenirs que sa mémoire convoque. Ici et là des images, réminiscences, de rêves et de pensées qui sont certainement de plus en plus présente alors que le chemin ne cesse de s’étaler sous nos pas.

Extrait :

La marche abolit le paysage aussitôt qu’il est vu. « Chaque pas visible
est un monde perdu. »1 Le chemin n’a plus de franges où se tenait la
langue avant le franchissement. Mais comment inventer d’autres pas
qui remettraient le monde au jour, si la fatigue m’efface, si l’invisible
emporte mes restes ? La sensation de la terre passe au large du corps.
Les yeux à tâtons éprouvent l’épuisement de la langue. On échoue à
désigner ce qui manque de nom. L’infini résonne si mal par-delà les
murs qu’on a dressés.

Le ciel s’est perdu depuis nos enfances.

Comment savoir si ce n’est pas lui sous nos semelles ? Comment
retrouver sa mémoire ? Rien ne bouge au fond des combes et dans les
frondaisons. La menace attend son heure. Le ciel a blanchi comme un
couteau, l’air aiguisera bientôt ses griffes. Je cherche une issue à mes
dix ans : des mots qui pourraient me pousser hors de la chute, un
appel surgi d’anciennes mémoires, quand rien encore en moi n’avait
vu le jour. Le silence est plein de solitude ; la lumière aura tout sali
avant le soir.

On ne comprend pas le froid qui monte dans le sang, on se détourne
du ciel fermé. Il faudrait échancrer l’horizon qui étouffe l’envol des
oiseaux, inventer des traverses, des plis où disparaître. Une ombre
titube le long d’un mur. Elle marmotte la bile incolore des égarés. Ses
gestes sont des serpes dans le contre-jour. Un dernier chagrin peut-être
la fera tomber, qui n’aura plus de nom. Un chien s’ébroue et fait
trembler les remugles des bouches. On restera ligoté quoi qu’on fasse.
On manque de mots pour dire ce qui suffoque.

La durée a tout effacé des gestes qui tenaient mon corps

 


Format : 210 x 297 mm

Publication, Équinoxe d’automne 2018 – 32 pages In quarto non reliées – papier Underwood – Woodstock Bettula 170 grs – impression Offset.

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